Camille Leclercq
Médecin
généraliste
Domicile rue
General Thys, Ixelles
En couple
mais domiciles séparés
Pas
d’enfants
Parents en
Résidence d’accueil
Une sœur
institutrice
Caractère
ouvert, langage direct
Aime la
nature, les Ardennes, les chiens et les chats
Citation de
prédilection : « N’oubliez pas, on vit juste pour quelques
rencontres. » - François Cheng
J’étais
arrêtée au feu rouge quand j’ai tourné la tête vers le trottoir, et mon
attention a été attirée par la devanture d’un magasin. La vitrine en était
changée, elle avait pris l’allure d’un salon de coiffure. Bonne idée, je me
suis dit, ça manque dans le quartier ! Par réflexe, j’ai jeté un coup
d’œil à mon rétroviseur, mais très bref car le feu avait viré au vert et ça
claxonnait derrière moi. Le soir, en me démaquillant, j’ai mesuré l’état de
fatigue de mon visage… et de mes cheveux.
Un rendez-vous chez ce nouveau coiffeur n’a
pas été difficile à obtenir.
Et donc,
aujourd’hui, cheveux mouillés et enturbannés, me voici aimablement invitée à
m’asseoir dans un fauteuil devant une tablette et un grand miroir.
L’homme qui
se tient derrière moi est grand, mince, souriant. Pas laid du tout. Nos regards
se croisent dans la glace, son sourire est malicieux, interrogateur.
Et je lui réponds avec un sourire du même acabit :
-Ben, oui…
On coupe !
C’est
décidé, il me faut une nouvelle tête ! J’ai surpris un nouveau sourire
amusé, satisfait et, tout aussitôt, un cliquetis de ciseaux. Très vite, des mèches sont sacrifiées, des touffes de cheveux tombent à terre, et
mes pensées en profitent pour se libérer. C’est le moment de mettre de l’ordre
dans ma tête également. Oui, tout à l’heure en quittant il faudra que je fasse
un saut à la supérette du coin pour m’y approvisionner en denrées
indispensables, café, fromages, assouplissant lessive, légumes… Et plus tard, vérifier
si Mariana aura bien rafraîchi la salle d’attente, et surtout mon cabinet de consultation qui vient d’être
réaménagé. Car les choses changent : je me suis affranchie de la tutelle
du Docteur Fontaine et j’ai annoncé que je limiterais mes prestations au sein Centre
Médical, mais il faut que je me focalise dorénavant sur ma propre patientèle.
Et dans un environnement agréable, bien agencé et sain. Un virage, quoi !
En douceur, mais enthousiasmant.
Surprise ! une petite main discrète
vient de déposer devant moi sur la tablette un plateau avec un café et un
biscuit. Merci ! Je ne résiste pas à ce moment de douceur… Mais pas longtemps
pourtant. Le futur a nouveau m’interpelle. Plus urgentes que les questions de propreté
du cabinet, il y a les options professionnelles qu’il serait bon que je
choisisse. M’impliquer dans un Services des Urgences ? Je pourrais, car je
possède le certificat. Me mettre en piste d’un débouché en Maison de repos ?
Ou alors, faire des démarches pour obtenir l’accès aux consultations en prison ?
Bref, les chemins à explorer ne manquent pas.
Ça se
bouscule dans ma tête, pourtant pendant tout ce temps, je n’ai cessé de l’observer,
lui. Il s’évertue à tourner consciencieusement autour de moi, se penche,
fléchit les jambes pour affiner sa coupe, prend du recul, soupire pour s’encourager.
Un ballet discret, pas désagréable du tout.
-Vous voulez
bien vous levez, s’il vous plaît ? Il faut que je vérifie la nuque…
Enfin,
satisfait de son travail, il fait pivoter mon fauteuil. Profil droit, puis
gauche, et puis le dos avec recours à un miroir à main. J’opine du bonnet, on
se sourit.
-Pas de
laque, assène-t-il, c’est passé de mode ! Au contraire n’hésitez pas à
vous passer la main dans les cheveux de temps à autres… Ça donne de la vie, du
piquant à la coiffure !
J’approuve.
J’ai horreur de ce qui est terne et mou.
-
-
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerQui n'a jamais vu ses idées s'envoler avec la chute des mèches sacrifiées au renouveau ?
Une évocation toute en délicatesse de ce moment de vie où de nouveaux choix se proposent.
C'est précisément observé et bien rendu,comme ces regards qui peuvent augurer d'une nouvelle relation...
Son manque ou ce qui lui ferait plaisir ? Une vie stable, ordonnée avec des horaires fixes et un chien source de catastrophes...
Bien à toi,
Jan.
Bonsoir Micheline,
RépondreSupprimerJe constate que Camille a décidé de changer de vie tant au point de vue professionnel que pour son aspect physique. Et peut-être dans ses amours, car je la sens troublée par ce nouveau coiffeur. Qu'en sera-t-il ?
D'autre part je me demande pourquoi sa vie professionnelle à peine émancipée la pousse déjà à chercher de nouvelles opportunités. Ne risque-t-elle pas de trop en faire avec, à terme, un risque de burn-out ?
Je suis curieux de savoir ce qui va lui arriver.
José
Bonjour,
RépondreSupprimerRavie de partager une nouvelle saison d’écriture avec toi. Perspective agréable et dès le prologue je retrouve mon plaisir à te lire.
Bien vrai qu’un passage chez le coiffeur est propice à l’échafaudage de plans pour changer des choses dans nos vies. Effet de la nouvelle tête sans doute ! Camille n’échappe donc pas à la règle. Elle commence par lorgner le coiffeur puis rêvasse à de nouvelles orientations professionnelles.
Serait-elle « touche à tout » ! Elle ouvre à peine un cabinet que déjà elle imagine des orientations tellement différentes… urgences, gériatrie, milieu carcéral.
Elle ne vit pas avec son amoureux. Besoin d’indépendance ou de changement. (interrogation).
Avec le coiffeur il pourrait se passer quelque chose ou bien l’histoire se renforce avec son compagnon. (interrogation).
La suite t’appartient mais je l’attends avec plaisir Bien à toi FRANCOISE
PS : pas trouvé le point d’interro sur clavier QWERTY.
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerChic alors ! ... je retrouve ta plume, ton sens de l'observation et une jeune femme de prime abord bien sympathique. Je rejoins les autres commentaires. Qui n'a pas vécu ce que tu décris si finement chez le coiffeur ?
Cela étant... que manque-t-il à Camille ou qu'est-ce qui lui ferait plaisir ? Je pense que la réalisation de son projet de médecine en milieu carcéral ouvrirait le plus de possibilités: abattre quelques lieux communs et préjugés, découvrir un milieu peu connu en tout cas dans plusieurs de ses aspects et qui sait rencontrer un bel avocat idéaliste ?
Je me réjouis de lire la suite. Amicalement.
Andrée
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerOui, comme les autres, je m'étonne que Camille recherche d'autres débouchés alors qu'elle vient d'installer son propre cabinet de médecine. Comment vont évoluer ses relations avec le docteur Fontaine, a-t-elle l'intention de quitter le Centre médical ? Quel était son idéal quand elle a choisi les études de médecine ? On en sait encore trop peu sur les protagonistes de ta nouvelle ; je peux comprendre que tu ne veuilles pas t'enfermer trop vite. J'ai apprécié ton écriture vive. Il me semble qu'il y a un équilibre entre ce qu'elle observe du réel, du lieu où elle se trouve (en rue, chez le coiffeur) et ce qu'elle décrit de ses pensées intimes.
Suggestion : sa soeur l'invite à passer entre jeunes-femmes une soirée de détente ou de divertissement.
Au plaisir de te lire,
Gisèle
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerUn début accrocheur. Très sympathique personnage, Camille, une femme d’aujourd’hui qui mène de front carrière professionnelle, soucis ménagers, sans oublier les plaisirs délicats de la séduction si légère soit-elle. Come José et Françoise, je me pose des questions sur ses motivations à vouloir, si vite après son installation en indépendante, trouver de nouvelles activités professionnelles : hyperactivité ? besoin de se sentir utile partout où elle passe ? Cela cacherait-il un manque essentiel ?
L’écriture est toujours aussi plaisante, délicate et légère. Je te mets cependant en garde à propos des difficultés de l’écriture en « je » sur le long terme et je t’invite, si tu ne l’as déjà fait à lire le commentaire que j’ai mis à ce sujet au texte de Cathy, dans l’autre groupe.
Un détail : il me semble que le premier paragraphe pourrait être un peu plus nourri : dire ce qui occupait les lieux avant le salon de coiffure et peut-être aussi qualifier la vitrine, montrer, même très brièvement en quoi elle est particulièrement attirante pour que Camille ait aussitôt envie d’aller chez ce nouveau coiffeur qu’elle n’a pourtant pas encore vu !
On est très désireux de retrouver Camille qui pour l’instant est en manque d’argent et/ou de pouvoir.
Bon travail.