dimanche 30 janvier 2022

  

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     IL y a des jours comme ça où tout va de travers, on ne sait pas pourquoi. Mauvaise nuit ? Fatigue ? Configuration capricieuse des astres ? Peu importe, il faut aller de l’avant !

La journée avait pourtant bien commencé pour Camille. La veille, elle était allée se réfugier chez son amoureux, ce n’est pas si fréquent. Alex court toujours par monts et par vaux, en Belgique et ailleurs, pour donner des conférences sur l’avenir du nucléaire. Petite soirée tranquille donc, et ce samedi matin elle a même insisté pour conduire son homme à l’aéroport.

Mais le climat a rapidement viré au gris. Rentrée à la maison, c’est pour être confrontée à une facture déjà négligée, et pour constater que le frigo vide. Des achats au Supermarché s’imposent mais, alors qu’elle les espérait rapides, ces courses s’avèrent finalement poussives, fatigantes… Et dans la parfumerie où elle déboule, c’est la déception également, pas de rimmel de sa marque préférée : « Rupture de stock, Madame. Désolée ! »

Et l’heure tourne, évidemment! Il s’agit dans la foulée de  faire un saut chez les Rombaud, ce couple de petits vieux auquel elle a l‘habitude de rendre visite chaque semaine. En fin de matinée, le temps de prendre de leurs nouvelles, de vérifier leur tension et de délivrer ces habituelles ordonnances qui vont les rassurer. Le tout arrosé d’un doigt de porto, bien sûr!

Il est midi, Camille prend congé.

-A la semaine prochaine, Docteur !

   Dehors, alors qu’elle emprunte l’étroit chemin qui traverse le jardinet, son portable sonne. Elle sursaute, se débat avec le fourbi de son sac… Pas le temps de dire « Allo ? », elle heurte un méchant pavé, trébuche et se sent irrésistiblement projetée vers le mur de la maison. La douleur au pied est instantanée. Sonnée, elle se relève avec peine et se dirige vers sa voiture en clopinant. Lorsqu’elle rejoint enfin son domicile, son premier geste est d’aller extraire du congélateur la pochette de gel qu’elle va pouvoir appliquer non seulement sur sa cheville  mais aussi, semble-t-il, sur son épaule. Elle s’assied  sur le canapé, entreprend de se faire de lents et patients massages avec un onguent à l’arnica. Après quoi elle peut enfin souffler, s’allonger… Et laisser courir ses pensées…

Qu’y avait-il d’autre  au programme, cet après-midi ? Pas grand-chose heureusement, elle va pouvoir récupérer. Et demain ? Demain, dimanche ? Ah, oui, elle s’est engagée à rejoindre Catherine et son groupe de marcheurs  pour une balade en forêt ! Chouette ! Elle aime arpenter les sentiers sous la voûte des feuillus qui frémissent au vent, elle aime marcher,  elle aime échanger avec ces sportifs du dimanche qui s’époumonent à ses côtés… Elle aime capter leurs mots creux, leurs confidences parfois… Elle aime aussi les silences.                                            

Oui, mais… avec cette cheville ? Non ! Pas possible d’avaler les huit kilomètres qu’on a annoncés ! Pffft ! Foutu !

Il faut prévenir Catherine qu’elle déclare forfait !

-Non, tu ne pas nous faire ça ! s’exclame Catherine. Tu ne vas pas nous faire faux bond ?

-Si, si…  C’est trop pour moi ! … Je ne pourrai pas!

L’une et l’autre se désolent de ce regrettable contretemps. Alors, pour alléger l’atmosphère, Catherine recourt à une pirouette ;

-Ah ben !... C’est Bourlard qui va être déçu !

-Bourlard ? Pourquoi, Bourlard ? Tu crois qu’Il sera là ? Tu penses ce que tu dis ?

-Mais non ! Je rigole, je te fais marcher ! Mais… c’est tout de même dommage que tu ne viennes pas ! !

Camille raccroche le téléphone, rêveuse.

« Bourlard ? Dommage, oui, vraiment!... ».

Il y a de ces rencontres saugrenues qui laissent des traces.

                                                                                                                         

7 commentaires:

  1. Chère Micheline.
    La rencontre avec Chris a donc laissé une trace dans les souvenirs de Camille. Mais il y a Alex, cet amoureux bien discret dont le récit nous dit néanmoins qu’il est « son homme » !
    Que suggérer pour conclure ? Personnellement je mettrai « son homme » aux oubliettes.
    Un recours aux soins de Chris pour la blessure au pied ?
    Réintroduire le petit Jules ?
    Je suis impatiente de savoir ce qu’il advient des uns et des autres. Bien à toi. FRANCOISE

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  2. Chère Micheline,
    Et oui il y a des jours comme ça où tout va de travers. Et où l'on se sent d'humeur maussade même sans réelles raisons. Mais parfois les aléas de la vie, ses imprévus ont des suites heureuses. Je suppute que ce sera peut-être le cas avec ce fameux Bourlard.
    Amitiés,
    José
    Va-t-il séduire Camille ?

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  3. Bonjour Micheline,
    Ahlala, Camille toujours partagée entre ses hommes et ne sachant lequel choisir finalement ! D'où, une frustration perpétuelle.
    Sait-elle ce qui lui importe vraiment ? J'ai parfois l'impression qu'elle se laisse bercer au gré du vent...
    Ce qui pourrait la ramener à plus de conscience :
    - l'aggravation de l'état du petit Jules ?
    - Alex a rencontré quelqu'un lors de ses déplacements à l'étranger ?
    - Bourlard ne répond pas à ses appels et invitations ?
    Bien amicalement,
    Jan.

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  4. Bonjour Micheline,
    Il n'est pas fréquent que Camille et son amoureux se rejoignent et que trouvent-il à faire ? Passer une soirée paisible. Il n'y a pas de quoi rêver. Leur avenir ensemble semmble compromis à plus ou moins courte échéance.
    Pourquoi le verbe "se réfugier" ? Fuirait-elle quelque chose, quelqu'un , elle-même ?
    Va-t-elle finalement pouvoir venir en aide à Jules, sans aide ? Ce n'est qu'ainsi qu'elle pourrait bénéficier seule de la reconnaissance professionnelle tant de ses patients que de ses confrères.Va-t-elle gagner leur respect et celui du moqueur Chris ?
    Ce jeune garçon, Jules, est-il en danger auprès de ses parents ? Va-t-elle faire un acte d'éclat qui fera parler d'elle dans la presse ?
    Toi qui, je crois, n'aime pas les chemins tout tracés, lequel vas-tu inventer ?
    Bien à toi, Gisèle


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  5. Bonjour Micheline,
    Mais voilà une nouvelle qu'il me semble difficile de terminer au chapitre suivant. J'en redemande.
    La description d'un "jour gris" est tellement réaliste. C'est du vécu "pur jus".
    Pour la fin, je pense que le retour du petit Jules serait une bonne idée. Exit Alex et la relation un peu tiède ? Bienvenue à Chris et à l'imprévu ? Exit les deux et bonjour une promotion inespérée ?
    A toi la plume et l'imagination. Je m'en réjouis déjà.
    Amicalement.
    Andrée

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  6. Bonjour Micheline, magnifique description de ce genre de mauvais jour, si classique et universel, je crois. Mes enfants se moquent beaucoup de moi si cela m'arrive ! Et on dirait que plus on essaie de bien faire, pire c'est ! On subit ! Ma fille dit qu'il y a un certain nombre d'événements qui doivent se passer, et qu'ensuite on est quitte... sauf que je la soupçonne de changer de nombre, sans doute pour m'encourager à ne pas me laisser abattre!
    Il est vrai que ces coups de malchance viennent souvent en série.
    L'amour viendra-t-il consoler Camille ? Ou nous prépares-tu tout autre chose ?
    Véro L.

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  7. Bonjour Micheline,
    On retrouve ton art de créer des climats en demi-teintes. Tu racontes avec talent une journée qui tourne mal pour Camille, mais qui ne fait guère avancer ta nouvelle. Qu’elle ait eu l’attention attirée par Bourlard, on le savait. En quoi cet incident qui la prive d’une promenade en forêt fait-il progresser l’action alors qu’on en est à l’avant-dernier texte. Tu sembles avoir quelque peu perdu ton personnage. Qu’est devenue la médecin préoccupée du sort d’un de ses petits patients ? La consigne était qu’elle voulait avoir du pouvoir – on oublie l’argent – et le début de ton histoire faisait de ce pouvoir une capacité d’améliorer le destin de ce gamin. Tu as complètement gommé cet aspect de ton personnage. Et pourquoi avoir détourné la consigne qui te donnait l’occasion de faire intervenir un personnage – pourquoi pas Bourlard ? – et n’avoir eu recours qu’à un banal incident provoqué par un appel téléphonique dont on ne sait même pas qui le donnait. J’aurais envie de te recommander de repenser ce texte. Je ne dis pas qu’il faille le supprimer, mais il faudrait y ajouter un volet qui ait plus d’impact sur le récit.
    Le hasard voulait que dans le dénouement l’opposition soit écartée, mais quelle opposition ?
    Bon travail.

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